Résumé

La construction d’un régime de retraite doit se faire en fonction des objectifs qui lui sont assignés par les citoyens. Il s’agit de considérer la vision de la société que nous voulons.

Prendre le sujet « retraite » par une approche uniquement comptable ou technique masque en général une volonté de réduire les droits des retraités actuels et futurs.

  • Le premier point à prendre en compte concerne la place du retraité dans la société, ce qui doit interroger sur ce que doit être la retraite. Pour reprendre la citation de Lucien Sève en 1ère page, elle doit être une « 3ème vie » à part entière.
  • Le régime de retraite doit être fiable financièrement de façon à sécuriser les droits et prestations pendant de nombreuses décennies. Ceci exclut d’emblée les systèmes par capitalisation qui sont par construction à la merci permanente des crises financières. Seul un système où les ressources assises sur les richesses créées sont immédiatement redistribuées est susceptible d’apporter les garanties nécessaires. Ce système est sécurisé en ne transitant pas par les circuits financiers et il ne peut pas faire faillite puisqu’il faudrait pour cela qu’il n’y ait plus de richesses créées dans le pays. Le régime par répartition est le seul à répondre à ces attentes.
  • Le régime de retraite doit apporter une visibilité et une garantie sur les droits concernant l’âge de départ et le niveau de pension dès l’entrée dans la vie active et les premières cotisations prélevées sur les salaires. Ceci exclut les systèmes à cotisations définies, tel que le système universel voulu par le gouvernement actuel. Le régime à prestations définies est le seul qui répond à ces aspects.
  • Le niveau de pension doit être au niveau des meilleurs salaires perçus pendant la carrière d’actif et doit permettre une évolution des pensions identique à celle des salaires. C’est de cette façon que sera assurée une continuité entre vie d’actif et vie pleine et entière de retraité.
  • Le régime de retraite doit être unique afin de créer un statut du retraité homogène quelque soit le passé professionnel (métier, corporation, salarié ou indépendant, etc.).
  • Ce régime unique doit préserver et améliorer les droits de chacun. Il doit être un outil de convergence par le « haut », reprenant le meilleur de chaque système existant. En particulier il doit intégrer différents niveaux de bonification en temps liés à la pénibilité du travail exercé au prorata des années. Toutes les heures de travail doivent compter pour l’établissement des droits.
  • La gestion et l’administration du régime doit relever des seuls salariés (par simplification, dans la suite du texte le terme salarié concernera les salariés, les professions libérales, les indépendants, les agriculteurs), via des représentants élus.
  • Son financement doit être assuré par une part des richesses créées, non fixée au préalable mais liée aux besoins. Pour cela un salaire socialisé, alimenté par une seule cotisation sociale sur la totalité de la masse salariale et un prélèvement sur les revenus financiers, sont les outils nécessaires. Ce salaire socialisé est un bien communs aux retraités et salariés.
  • Le salaire socialisé doit être également un outil pour influer sur la politique économique et la gestion des entreprises. Pour cela la cotisation sociale est modulée selon plusieurs paramètres.

Une façon de résumer cet ensemble est de permettre une « 3ème vie » grâce à un régime de retraite unique, par répartition, à prestation définies, par annuités et à 100% Sécurité Sociale.

L’objectif assigné à ce régime unique doit être de permettre une retraite à 60 ans (hors mesure d’anticipation liée à la pénibilité) pour tous et à taux plein.

Il constituera un nouveau droit fondamental imprescriptible et inaliénable.